«L’image virtuelle, c’est la machine qui voit, qui sent à votre place et vous liquide en tant qu’être actif au profit d’un être passif.» «Les moyens de télécommunication, non contents de restreindre l’étendue, abolissent aussi toute durée, tout délai de transmission des messages, des images. Comment vivre vraiment “ici” si tout est maintenant ?» Paul Virilio
LES NETOCRATES_Alexander Bard et Jan Söderqvist_2000
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) changent notre vie. Pour les tenants de la net-économie, il s’agit avant tout d’une nouvelle façon de vendre des biens et des services. Oubliez ces analystes à courte vue. Les NTIC amorcent une mutation historique, une rupture de civilisation, une nouvelle ère. La politique, l’économie, la société, les modes de pensée ne seront plus jamais comme avant. En passant de l’imprimé et des médias de masse à l’interactivité et au multimédia, notre culture négocie un virage majeur, comparable à celui qui vit le féodalisme supplanté par le capitalisme. À l’époque ont émergé le capital, l’État-nation, les masses, les idéologies modernes. Le paradigme a changé : désormais, l’information et l’attention sont au cœur de la création de valeur et de tendance. Les aristocrates dominaient la terre et les serfs ; les bourgeois captaient l’argent et les moyens de production. Au XXIe siècle, les nouveaux maîtres du monde qui émergent sont les Netocrates, la nouvelle élite de l’après-capitalisme. L’État-nation, la démocratie, l’égalitarisme, l’académisme et le prestige universitaire, l’humanisme et le bien commun, le progrès et la réalisation de soi… toutes ces belles idées vivent leurs dernières heures. Elles ne vont pas disparaître du jour au lendemain, mais elles se dissolvent dans une lente indifférence. Le pouvoir se déplace des moyens de production, des chaires universitaires ou des cabinets parlementaires à la capacité de tri, de production et de manipulation de l’information. Les Netocrates achèvent la réalisation historique de l’individualisme et font émerger l’ère des réseaux sélectifs.
Le paradoxe logique
"c'est finalement celui de cette image en temps réel qui domine la chose représentée, ce temps qui l'emporte désormais sur l'espace réel. Cette virtualité qui domine l'actualité, bouleversant la notion même de réalité. D'où cette crise des représentations publiques traditionnelles (graphiques, photographiques, cinématographiques...) au profit d'une présentation, d'une présence paradoxale, télé-présence à distance de l'objet ou de l'être qui supplée son existence même, ici et maintenant. C'est cela, finalement, la haute définition, la haute résolution, non plus tant de l'image que de la réalité elle-même." Paul Virilio
"La Machine de Vision" Paul Virilio_1988
"Aujourd'hui, la valeur stratégique du non-lieu de la vitesse a définitivement supplanté celle du lieu. Avec l'ubiquité instantanée de la télétopologie, (...) la mise en contact visuel de toutes les localités, la longue errance du regard s'achève. (...) La séparation entre passé, présent et futur, ici ou là-bas, n'a plus de signification que celle d'une illusion visuelle."
Der Riese (Le Géant) de Michael Klier_1983
Montage de scènes et vues filmées par des caméras de surveillance à Berlin, images "automatiques" d'espaces publics ou d'actes privés. "Cet adieu solennel à l'homme derrière la caméra, cette disparition totale de la subjectivité visuelle dans un effet technique ambiant, sorte de pan-cinéma permanent qui fait, à notre insu, de nos actes les plus ordinaires les actes-cinéma et du nouveau matériel de vision, une matière première de la vision(...)"Paul Virilio
"Vide et Plein" François Cheng_1979
"...le peintre et le poète disparaissent dans leur œuvre parce que l'œuvre disparaît dans l'univers qu'elle évoque parce que l'œuvre parfaite provoque le désir d'y vivre."
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