jeudi 17 juillet 2008

RECHERCHE_01

DÉLOCALISATION
Le corps surveillé devient corps surveillant


LE PRÉSENT FUIT À GRANDE VITESSE
L'image d'une webcam captée en temps réel à partir du réseau est insaisissable et dès lors qu'elle est saisie elle devient perimée, datée.
L'instantané est périssable, nos efforts pour le capter sont vains, la recherche de "vérité" est faussée par le point de vue de l'objectif et un cadrage particulier, donc relatif. Dans cette recherche je montre le corps délocalisé, déterritorialisé, à la façon d'une télé-transportation ou d'un voyage astral sous vidéosurveillance. Le corps surveillé de nos sociétés contemporaines devient corps surveillant. Son parcours sont les coordonnées qui permettent de voyager d'une image à l'autre et le cadrage est défini par sa forme. Le corps voit selon les contours de sa propre enveloppe. Cet avatar de l'instant T est vite remplacé en fonction de la vitesse de rafraîchissement et du flux du réseau par l'avatar T+1 et ainsi de suite. Le mouvement et la prolifération de l'ensemble due à la masse des données accumulées dans l'expérience désoriente le spectateur. La suite de T+n {T+1, T+2, T+3...} donne la trace du corps qui est voué à disparaître.
L'ensemble est fluide mais perturbé par le changement des webcams qui dépend de la position du spectateur au sol. Un quadrillage (~géographique) organise les webcams, ainsi le spectateur peut s'arrêter sur une vue particulière. Il est acteur d'une part par sa présence physique et d'autre part par le contrôle qu'il opère sur l'image. Il détermine les longueurs des plans ainsi que le cadrage. Il se trouve à tous les postes stratégiques de réalisation d'un film. Bref un vrai héros ce spectateur... Evidement l'avantage du temps réel fait qu'aucun films ne se ressemble, même 2 jumeaux mimes n'obtiendront pas le même film.

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